
Ah, la page de garde en latin... Qui n'a jamais frémi à l'idée d'en pondre une ? C'est un peu comme se retrouver face à une montagne de pâtes, sans sauce et avec une fourchette en plastique. On sait qu'il faut la grimper (la montagne, pas la fourchette...quoique...), mais l'enthousiasme n'est pas vraiment au rendez-vous.
On se souvient tous de ces tentatives désespérées de rendre le truc un peu moins barbant. On sort les marqueurs fluo, on essaie des polices dignes d'un cybercafé des années 90, bref, on fait tout sauf... du latin !
Et puis, il y a le dessin. Le fameux dessin de loup. Pourquoi un loup, me direz-vous ? Bonne question ! Probablement parce que c'est l'animal le plus badass qu'on connaisse après le T-Rex, et que ça sonne un peu "latin", non ? Lupus, lupi... Ça claque, quand même!
La réalité, c'est souvent un truc griffonné à la va-vite, avec un loup qui ressemble plus à un teckel sous amphétamines qu'à un prédateur redoutable. Mais bon, l'intention y était, et c'est le principal (du moins, c'est ce qu'on se disait pour se consoler).
La quête du dessin parfait (ou presque)
On fouillait les bouquins d'histoire, les encyclopédies poussiéreuses, Google Images... La quête du loup parfait était lancée. Un loup qui respire l'Antiquité, le courage, et surtout, qui ne ressemble pas à un caniche égaré. C'était un peu comme chercher le Saint Graal, mais avec plus de poils et moins de religion.

Et bien sûr, une fois le dessin enfin déniché (ou laborieusement copié), il fallait l'adapter à la page de garde. Le réduire, l'agrandir, le torturer jusqu'à ce qu'il rentre dans le cadre. On avait l'impression de se transformer en Michel-Ange, mais avec moins de talent et plus de frustration.
Parfois, l'inspiration venait de façon totalement inattendue. Un paquet de céréales avec un loup dessus, une pub à la télé... Tout était bon pourvu qu'on puisse grappiller une idée, un détail, un coup de crayon.

Le pire, c'était quand le prof nous disait: "C'est bien, mais la romanité, vous la voyez où?". Là, c'était le drame. Fallait-il affubler le loup d'une toge ? Lui faire porter une couronne de laurier ? On se demandait si on n'était pas en train de sombrer dans la folie.
Le loup, symbole de notre galère
Au fond, ce dessin de loup, c'était un peu le symbole de notre galère avec le latin. On voulait bien faire, on voulait impressionner, mais on était surtout dépassés par l'ampleur de la tâche.

Alors on se contentait de faire de notre mieux, en espérant que le prof apprécierait l'effort. Et si jamais le loup ressemblait plus à un hamster qu'à un carnivore sanguinaire, tant pis ! L'important, c'était d'avoir essayé, et peut-être, d'avoir arraché un petit sourire au correcteur.
Parce que, soyons honnêtes, même le prof de latin le plus sévère se souvient de ses propres pages de garde foireuses. Et il sait, au fond de lui, que le dessin de loup, aussi raté soit-il, est une forme d'hommage, un clin d'oeil à la souffrance partagée.
Et puis, franchement, qui n'aime pas les loups ? Même s'ils ressemblent à des teckels.