
Ok, imagine this: j'étais à une soirée karaoké, ambiance un peu cheesy, vous voyez le genre. Et là, quelqu'un se lance sur "Fly Me To The Moon". Classique, me direz-vous. Sauf que... au lieu de la version Sinatra, c'est la version Evangelion qui démarre. Tout le monde est un peu décontenancé, mais très vite, l'air mélancolique envahit la pièce. Franchement, c'était à la fois bizarre et génial. Ça m'a fait repenser à la série, évidemment.
Et c'est ça, le truc avec Neon Genesis Evangelion : c'est une œuvre qui te hante, qui te poursuit même dans tes soirées karaoké les plus improbables. Et "Fly Me To The Moon", ce n'est pas juste une chanson. C'est un symbole. Mais quel symbole, exactement ? C'est ça qu'on va essayer de décortiquer ensemble.
On va pas se mentir, la série, c'est pas vraiment un feel-good movie. C'est angoissant, c'est dépressif, c'est plein de monstres géants qui veulent détruire l'humanité. Bref, l'ambiance est... particulière. Alors, pourquoi coller une chanson aussi douce, aussi romantique à ce bordel ambiant ? Bonne question !
La chanson, elle intervient souvent à la fin des épisodes, en générique de fin (ou du moins, dans les premiers épisodes). C'est un contraste frappant avec le chaos qu'on vient de se prendre dans la figure. C'est comme une petite bulle de douceur après une explosion nucléaire. (Non, c'est pas exagéré, croyez-moi !)
Mais au-delà de ce contraste, il y a une forme d'ironie, non ? Shinji, le héros, est complètement paumé, incapable de gérer ses émotions, et en même temps, on lui chante "Fly me to the moon, let me play among the stars...". C'est presque cruel, vous ne trouvez pas ? C'est comme lui rappeler tout ce qu'il pourrait vivre s'il n'était pas enfermé dans cette putain de combinaison d'Eva.

Et puis, il y a l'idée de la quête d'idéal. La lune, les étoiles, c'est le symbole d'un ailleurs, d'un endroit meilleur, d'un amour absolu. Shinji cherche désespérément cet idéal, mais il est constamment confronté à la réalité crue de la guerre, de la manipulation, de ses propres faiblesses. C'est pas facile tous les jours, hein ? (Et vous, vous en êtes où dans votre quête d'idéal, d'ailleurs ?)
En plus, la chanson, elle est interprétée par différentes chanteuses au fil de la série. Ce qui renforce encore l'idée que "Fly Me To The Moon" n'est pas juste une chanson, mais une multitude de perspectives, d'émotions, de nuances. Chaque version apporte sa propre interprétation, son propre sentiment.

Pour finir, "Fly Me To The Moon" dans Evangelion, c'est un peu comme un pansement sur une jambe de bois. C'est une tentative de masquer la noirceur ambiante, de créer un moment de répit. Mais c'est aussi un rappel constant de ce qui manque, de ce qui pourrait être. Et c'est ça, je pense, qui rend cette chanson si puissante et mémorable. Elle nous trotte dans la tête, même après des années, comme un écho lointain d'un rêve inaccessible.
Alors, la prochaine fois que vous l'entendrez, que ce soit la version Sinatra ou la version Evangelion (ou même une version karaoké un peu ratée), pensez-y. Pensez à Shinji, aux Evas, à la fin du monde... et à cette petite lueur d'espoir, aussi fragile soit-elle, qui persiste malgré tout.