
Alors, mes amis, laissez-moi vous raconter une histoire. Une histoire qui commence avec une simple promenade dominicale et se termine... eh bien, disons que je suis encore là pour la raconter, n'est-ce pas? Et c'est déjà une victoire, croyez-moi!
C'était un dimanche, le soleil brillait (probablement, je ne m'en souviens pas bien à cause de l'adrénaline), et j'avais décidé de faire une petite randonnée dans la forêt. Une petite randonnée. C'est ce que je me disais. En réalité, je voulais juste m'éloigner de mon ordinateur et de la montagne de vaisselle sale qui semblait se multiplier comme des lapins hyperactifs. Bref, l'évasion était de mise.
Armé de mon téléphone (pour la musique, bien sûr, pas pour appeler les secours... quelle idée!), d'une bouteille d'eau et de ma confiance infaillible (totalement injustifiée, rétrospectivement), je me suis enfoncé dans les bois. "I Thought My Time Was Up 4" aurait pu être le titre de mon autobiographie posthume. Heureusement, ce n'est pas le cas.
Le Début de la Fin (ou pas)
Au début, tout allait bien. Les oiseaux chantaient (ou se moquaient de moi, je n'ai jamais été sûr), le soleil filtrait à travers les arbres, et je me sentais comme un explorateur intrépide découvrant des terres inconnues. Bon, d'accord, c'était juste le même sentier que j'avais emprunté des dizaines de fois, mais l'illusion était là, et c'est tout ce qui comptait.
Puis... le drame. Le vrai drame. Pas le genre de drame où tu réalises que tu as oublié ton chargeur de téléphone. Non, un drame à la hauteur d'un film catastrophe hollywoodien, mais avec un budget beaucoup plus limité (le mien).
Le Moment Fatidique
J'ai trébuché. Oui, oui, je sais, c'est banal. Mais croyez-moi, ce n'était pas un simple trébuchement. C'était un trébuchement digne d'une médaille d'or aux Jeux Olympiques du ridicule. J'ai accroché une racine particulièrement diabolique, et je me suis retrouvé à voler dans les airs, avec la grâce d'un éléphant qui essaie de faire du patin à glace.
Et ensuite, le trou. Un trou! Un trou béant, sombre, et visiblement impatient de m'engloutir. Sérieusement, on aurait dit une bouche géante qui attendait son repas. J'ai crié. Un cri strident, aigu, qui a probablement fait fuir tous les animaux de la forêt dans un rayon de plusieurs kilomètres.

Je suis tombé. Et tombé. Et tombé encore un peu. Pendant un instant, j'ai pensé que j'allais atterrir directement au centre de la Terre. J'ai même commencé à me demander si j'avais pensé à mettre de l'argent dans mon PEL. Des questions existentielles futiles, vous voyez.
- Facteur aggravant numéro 1: J'avais oublié de charger mon téléphone à 100%. Il était à environ 12%. Douze pour cent de chance de survie, peut-être?
- Facteur aggravant numéro 2: J'avais mangé un sandwich au thon suspect la veille. Si j'étais mort là, j'aurais embaumé la forêt de mes effluves.
- Facteur aggravant numéro 3: J'avais mis des chaussettes dépareillées. Le dernier détail ridicule avant de mourir.
La Descente aux Enfers (version légère)
Finalement, j'ai atterri. Pas en douceur, bien sûr. J'ai fini par me vautrer dans une sorte de boue gluante, avec un bruit qui ressemblait à celui d'un hippopotame qui prend un bain. Bon, au moins, j'étais vivant. Pour l'instant.
Le trou n'était pas aussi profond que je l'avais imaginé. Peut-être deux mètres. Suffisant pour se casser une jambe, se faire une belle frayeur, et se sentir complètement idiot. Et, bien sûr, suffisant pour que je sois totalement incapable d'en sortir.
J'ai essayé d'escalader les parois boueuses. Mauvaise idée. Chaque tentative se soldait par une glissade lamentable et un recouvrement supplémentaire de boue. Je ressemblais à une créature tout droit sortie du Marais des Lamentations dans un mauvais film fantastique.

J'ai alors pris une profonde inspiration et réfléchi. Penser, c'est bien. Agir sans réfléchir, beaucoup moins. Surtout quand on est coincé dans un trou boueux.
Le Plan (pas très brillant)
Mon plan? Crier à l'aide. Original, non? J'ai crié, crié, et encore crié. "AU SECOURS! AIDEZ-MOI! JE SUIS COINCÉ DANS UN TROU!" Je crois même que j'ai ajouté un "S'IL VOUS PLAÎT" à un moment donné. La politesse, même au bord de la mort!
Le silence. Juste le silence. Et le bruit des oiseaux qui continuaient à se moquer de moi. Ils devaient avoir une table de pari sur ma situation. "Alors, il va réussir à sortir ou pas? Je parie sur 'pas'!"
J'ai regardé mon téléphone. Il affichait fièrement 9% de batterie. Magnifique. J'ai envisagé d'appeler les secours, mais j'avais peur de gaspiller la précieuse énergie pour rien. Et puis, j'avais honte. Imaginez la conversation: "Bonjour, les pompiers? Oui, c'est moi. Je suis tombé dans un trou. Non, je ne suis pas ivre. Enfin, pas encore."

Le Miracle (ou presque)
Alors que je commençais à accepter mon sort (mourir de faim dans un trou boueux, avec des chaussettes dépareillées et un arrière-goût de thon suspect), j'ai entendu... un bruit. Un bruit lointain, mais un bruit quand même. Un bruit de pas.
J'ai crié à nouveau, plus fort cette fois. "AU SECOURS! JE SUIS LÀ! DANS LE TROU! LE TROU BOUGEUX!"
Et puis, une voix. Une voix familière. "Euh... T'es qui là en bas? Et pourquoi tu cries ?"
C'était mon voisin, Jean-Pierre! Jean-Pierre, l'homme qui passe ses journées à tondre sa pelouse et à se plaindre des nuisances sonores. Jean-Pierre, mon sauveur improbable!

Il m'a aidé à sortir du trou. Avec une corde et beaucoup de grognements. Et quelques remarques désobligeantes sur mon sens de l'orientation et mon manque de prudence. Mais je m'en fichais. J'étais dehors! J'étais libre! J'étais... couvert de boue.
Il s'avère que Jean-Pierre promenait son chien, Médor, et que Médor avait senti mon odeur (probablement le thon). Médor, un héros! Je devrais lui acheter des croquettes de luxe.
La Moralité de l'Histoire
Alors, quelle est la morale de cette histoire? Plusieurs, en fait:
- Chargez toujours votre téléphone à 100% avant de partir en randonnée.
- Vérifiez toujours ce que vous mangez.
- Portez des chaussettes assorties. On ne sait jamais.
- Ne sous-estimez jamais la capacité d'un trou à vous avaler tout cru.
- Et surtout, soyez reconnaissant envers vos voisins, même ceux qui se plaignent tout le temps. On ne sait jamais quand ils pourraient vous sauver la vie.
Et moi, je me suis dit: "I Thought My Time Was Up 4" mais en fait... non. Prochaine fois, j'éviterai les trous. Et le thon suspect.