
Alors, mes amis, asseyez-vous, prenez un café (un croissant, si le cœur vous en dit !), et laissez-moi vous raconter une histoire. Une histoire de philosophes, de bonheur et de dilemmes moraux plus tordus qu'un bretzel allemand. On va parler de John Stuart Mill et de son bébé : l'utilitarisme. Préparez-vous, ça va swinguer !
John Stuart Mill : Le rockstar de la moralité (enfin, presque)
John Stuart Mill, ou JSM pour les intimes (on n'est pas intimes, mais faisons comme si), était un sacré numéro. Né dans une famille de nerds intellectuels, il a appris le grec à… 3 ans ! Oui, vous avez bien lu. Pendant que vous, moi et le reste du monde barbouillions des dessins avec nos crayons, lui déchiffrait Homère. Autant dire qu'il a passé son enfance à lire plus qu'à jouer à la marelle. Le pauvre. On imagine le traumatisme. Mais bon, ça a fait de lui un génie, alors qui sommes-nous pour juger ?
Le papa de JSM, James Mill, était un utilitariste convaincu, un peu comme un VRP du bonheur pour le plus grand nombre. Il a donc élevé son fils dans le culte de l'utilité. Imaginez un peu l'ambiance à la maison : "Jean-Edouard, as-tu maximisé l'utilité de tes devoirs aujourd'hui ? Non ? Au coin !" Bref, une enfance relaxe et décontractée. Heureusement, JSM a fini par s'épanouir, même si on peut imaginer qu'il a eu besoin de quelques séances de thérapie après ça.
L'utilitarisme : Le bonheur pour tous (ou presque tous)
Alors, c'est quoi, cette histoire d'utilitarisme ? En gros, c'est une philosophie morale qui dit que la meilleure action est celle qui maximise le bonheur pour le plus grand nombre de personnes. Un peu comme un buffet à volonté de joie collective. L'idée est simple : faire le plus de bien possible, éviter le plus de souffrance possible. Facile, non ? Ben… pas tant que ça. On y reviendra.
Pour comprendre l'utilitarisme, imaginez que vous êtes aux commandes d'un train fou. Devant vous, il y a deux voies. Sur la première, il y a cinq personnes attachées. Sur la deuxième, il y en a une seule. Vous ne pouvez pas arrêter le train, vous devez choisir quelle voie emprunter. Que faites-vous ?

Un utilitariste pur et dur vous dirait : "Pas de question à se poser ! On écrase la personne seule pour sauver les cinq autres." Le bonheur de cinq personnes vaut plus que le bonheur d'une seule. C'est froid, c'est pragmatique, mais c'est la logique utilitariste. On maximise le bonheur total, même si ça implique de sacrifier quelques individus. C'est un peu comme les sacrifices qu'on fait quand on coupe dans un gâteau pour en donner à plus de monde. Sauf que là, le gâteau, c'est la vie.
Les petits détails qui fâchent (et qui font cogiter)
Mais, évidemment, la réalité est plus compliquée que ça. Et c'est là que JSM intervient. Il a un peu adouci la pilule de l'utilitarisme, en ajoutant quelques nuances importantes. Parce que, soyons honnêtes, l'idée de sacrifier des innocents pour le bien du plus grand nombre, ça peut vite virer au cauchemar dystopique.
Voici quelques-unes des objections qu'on peut faire à l'utilitarisme "à la dure" :

- Le problème de la prédiction : Comment être sûr que nos actions auront les conséquences positives attendues ? On n'est pas des voyants, après tout. On peut faire une action avec les meilleures intentions du monde, et se retrouver avec un résultat catastrophique. (Un peu comme quand on essaie de faire un gâteau et qu'il finit par ressembler à une brique.)
- Le problème des droits individuels : Si on ne pense qu'au bonheur du plus grand nombre, on risque de piétiner les droits des minorités. Imaginons une société où 90% des gens sont heureux de voir les 10% restants réduits en esclavage. Est-ce que c'est moralement acceptable, juste parce que ça maximise le bonheur total ? Evidemment que non !
- Le problème de la mesure du bonheur : Comment mesurer le bonheur ? Est-ce que le bonheur d'un Mozart vaut autant que le bonheur d'un supporter de foot devant un match ? C'est subjectif, insaisissable. On ne peut pas vraiment le quantifier.
La réponse de Mill : Tout est une question de qualité
C'est là que John Stuart Mill entre en jeu, avec son utilitarisme sophistiqué. Il n'était pas d'accord avec l'idée que tous les plaisirs se valent. Pour lui, il y a des plaisirs supérieurs (intellectuels, esthétiques, moraux) et des plaisirs inférieurs (physiques, sensuels).
Imaginez, par exemple, comparer le plaisir de lire un roman de Proust (oui, je sais, c'est long, mais c'est beau !) avec le plaisir de manger un gros hamburger bien gras. Selon Mill, le premier est un plaisir supérieur, le second est un plaisir inférieur. Pourquoi ? Parce que le premier nous fait grandir intellectuellement, nous rend plus humains, plus conscients. Le second, c'est juste… bon sur le moment, mais ça ne nous apporte rien de plus (à part peut-être quelques kilos en trop).
Mill disait même : "Il vaut mieux être un Socrate insatisfait qu'un imbécile satisfait." En d'autres termes, il vaut mieux souffrir en cherchant la vérité et la beauté, que se vautrer dans un bonheur superficiel et abrutissant. C'est un peu radical, mais ça a le mérite de nous faire réfléchir.
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Les règles et les exceptions (ou comment se sortir du pétrin)
Mill a également introduit l'idée de règles morales. Il pensait qu'il était important de suivre certaines règles générales, même si, dans certains cas particuliers, ça pouvait sembler ne pas maximiser le bonheur. Par exemple, il est généralement bon de dire la vérité, même si, dans certains cas, mentir pourrait éviter de faire du mal à quelqu'un.
Pourquoi ? Parce que, à long terme, le respect de la vérité crée plus de confiance et de bonheur dans la société. C'est un peu comme les règles d'un jeu : même si elles peuvent parfois nous frustrer, elles sont nécessaires pour que le jeu fonctionne correctement.
Alors, l'utilitarisme, on en fait quoi ?
L'utilitarisme, c'est un peu comme une vieille recette de grand-mère : ça a du bon, mais il faut savoir l'adapter à son goût. Il ne faut pas le prendre au pied de la lettre, mais il peut nous aider à prendre des décisions plus éclairées et plus responsables.

Par exemple, quand on vote pour un candidat politique, on peut se demander : "Quelle politique va maximiser le bonheur du plus grand nombre ?". Quand on fait un don à une association caritative, on peut se demander : "Où est-ce que mon argent va avoir le plus grand impact ?". L'utilitarisme peut nous aider à sortir de notre nombril et à penser au bien-être des autres.
Bien sûr, il y aura toujours des dilemmes moraux insolubles, des situations où il n'y a pas de solution parfaite. Mais au moins, en réfléchissant de manière utilitariste, on peut essayer de faire le moins de mal possible et de maximiser le bien autant que faire se peut. Et ça, mes amis, c'est déjà pas mal.
Alors, la prochaine fois que vous serez confrontés à un choix difficile, pensez à John Stuart Mill, à son utilitarisme, et à l'idée de maximiser le bonheur du plus grand nombre. Et n'oubliez pas : même si la philosophie peut parfois sembler compliquée, elle est surtout là pour nous aider à vivre une vie plus riche et plus significative. Sur ce, à la vôtre ! (Avec modération, bien sûr, pour maximiser le bonheur de votre foie et de vos proches !)