
Ah, "Les filles bien n'avalent pas." Une phrase que nos grand-mères murmuraient, probablement en ajustant leurs colliers de perles. C'est un peu le mythe de la licorne, mais appliqué à nos vies amoureuses et sexuelles. On nous l’a servi, parfois implicitement, parfois avec la délicatesse d'un bulldozer, comme un guide de survie dans la jungle des relations.
Traduction littérale : "Nice girls don't swallow." Mais ce n'est pas juste une question de "goûter" ou non. C'est un symbole, une métaphore pour tout un tas de choses. Ça parle de contrôle, de pureté (beurk!), et, soyons honnêtes, d’une bonne dose de jugement. Imaginez : c'est comme si on classait les femmes en deux catégories : les princesses Disney et... les autres. Et devinez quoi? Personne n'a envie d'être dans la deuxième catégorie!
Le poids du mythe
On a toutes été confrontées à ça, d'une manière ou d'une autre. Que ce soit par une copine qui lâche l'air de rien : "Ah non, moi, jamais de la vie!" ou par ce film un peu ringard où la "gentille fille" est choquée par le comportement "osé" de l'autre. Le message est clair : si tu veux être une "fille bien", tu dois adhérer à certaines règles non écrites. Et l'une d'elles, c'est, apparemment, de ne pas avaler.
C'est un peu comme le régime miracle de l'été. On sait pertinemment que c'est absurde, que ça ne marche pas à long terme, mais on est quand même tenté d'y croire. Parce qu'on a envie d'être validées. On veut être considérées comme "bien". On veut plaire. Et surtout, on veut éviter les regards désapprobateurs.
Le problème, c'est que ce mythe est une prison. Il nous enferme dans un rôle, nous dicte comment nous devons nous comporter, et nous empêche d'être nous-mêmes. Imaginez : vous êtes à un concert, votre chanson préférée passe, et vous vous retenez de danser comme une folle parce que "ça ne fait pas bien". C'est ça, le mythe des "filles bien".
Comment ça se manifeste au quotidien?
On se ment à soi-même. "Oh, je n'aime pas vraiment ça, de toute façon." (Alors qu'au fond, si.) On se justifie. "C'est plus hygiénique, tu comprends?" (Même si c'est faux.) On évite le sujet. "Euh... parlons d'autre chose, tu veux?" (Parce qu'on a peur d'être jugées.)

C'est un peu comme se forcer à aimer le brocoli quand on préfère les frites. C'est pas naturel, c'est pas épanouissant, et à la fin, on finit juste par être frustrée et affamée. (De frites, bien sûr, mais aussi de liberté.)
Et puis, soyons honnêtes, ça peut aussi affecter notre relation avec notre partenaire. Parce qu'on a peur de paraître "facile", on se met des barrières, on refuse des choses qu'on aurait peut-être aimé essayer. C'est comme si on offrait un menu limité à son partenaire, alors qu'on a un buffet entier à disposition!
Imaginez la scène : vous êtes au restaurant, vous commandez un plat que vous n'aimez pas vraiment, et vous faites semblant de vous régaler pour ne pas vexer le serveur. C'est ridicule, non? Et pourtant, c'est ce qu'on fait souvent dans nos relations. On se force à jouer un rôle, à être quelqu'un qu'on n'est pas, juste pour correspondre à une image préconçue.

Briser les chaînes du "Bien"
Alors, comment se libérer de ce mythe? Comment devenir les femmes bien (au sens de "bien dans sa peau"), et non les "filles bien" (au sens de "soumises aux diktats")?
La première étape, c'est la prise de conscience. Se rendre compte que cette injonction est absurde, qu'elle n'a aucune base logique, et qu'elle ne sert qu'à nous contrôler. C'est comme découvrir que le Père Noël n'existe pas : au début, c'est un peu décevant, mais après, on se sent plus libre d'acheter les cadeaux qu'on veut!
La deuxième étape, c'est l'acceptation de soi. S'aimer avec nos qualités et nos défauts, nos envies et nos limites. C'est comme apprendre à cuisiner : on commence par des plats simples, on se trompe parfois, mais au fur et à mesure, on gagne en confiance et on ose des recettes plus audacieuses.

La troisième étape, c'est la communication. Parler ouvertement avec son partenaire de ses désirs, de ses peurs, de ses fantasmes. C'est comme partir en voyage : on prépare l'itinéraire ensemble, on se met d'accord sur les activités, et on s'assure que tout le monde passe un bon moment.
Et surtout, surtout, s'autoriser à se faire plaisir! Sans culpabilité, sans jugement, sans se soucier de ce que les autres pensent. C'est comme écouter sa musique préférée à fond les ballons en voiture, les fenêtres ouvertes : on s'en fiche du regard des passants, on est juste bien!
Et si on en parlait ouvertement?
Le tabou autour de la sexualité féminine est tenace. On parle facilement de régime, de maquillage, de chaussures, mais dès qu'on aborde le sujet du sexe, on a l'impression de franchir une ligne rouge. Pourtant, c'est en parlant, en partageant nos expériences, en déconstruisant les mythes, qu'on peut avancer.
Imaginez : vous êtes à une soirée, et vous entendez une conversation sur le sujet. Au lieu de vous replier sur vous-même, de faire semblant de ne pas entendre, vous vous joignez à la discussion. Vous posez des questions, vous partagez votre point de vue, vous riez des absurdités qu'on a pu vous raconter. Et vous vous rendez compte que vous n'êtes pas seule, que beaucoup d'autres femmes se posent les mêmes questions que vous.
Alors, la prochaine fois que vous entendrez l'expression "Les filles bien n'avalent pas", rappelez-vous que c'est une absurdité. Que vous êtes libres de faire ce que vous voulez de votre corps, de votre sexualité, et de votre vie. Et surtout, rappelez-vous que le plus important, c'est d'être bien avec vous-même. Parce que, au fond, c'est ça, la vraie définition d'une "femme bien". Une femme qui s'assume, qui s'aime, et qui n'a pas peur de croquer la vie à pleines dents (ou pas, c'est son choix!).
En conclusion : Oubliez les "filles bien", soyez des femmes épanouies. Et si ça implique d'avaler... eh bien, faites-vous plaisir!