
Ah, le deuil… C’est un peu comme essayer d’enfiler un jean skinny après avoir mangé une raclette entière. C'est inconfortable, frustrant, et on se demande pourquoi on s’inflige ça. Mais voilà, ça fait partie de la vie. Et quand il s'agit de la perte d'un papa… c’est une raclette géante!
Ecrire une lettre à son père décédé, c’est un peu comme lui envoyer un SMS qui ne sera jamais lu. On tape, on efface, on retouche… On a l’impression de lui parler dans le vide. Mais en réalité, c'est un peu comme chuchoter à l'univers, en espérant qu'un écho arrive jusqu'à lui.
On se retrouve souvent à se dire : "Si seulement j’avais dit…" ou "Si seulement j'avais fait…". Comme quand on oublie d'acheter du pain avant que la boulangerie ne ferme. On se sent coupable, bête, et on se dit qu’on aurait dû s’organiser. Sauf que là, on parle de sentiments, de souvenirs, de choses bien plus importantes que du pain frais.
Alors, comment on s’y prend pour écrire cette lettre ? Il n'y a pas de recette miracle. Pas de "5 astuces pour une lettre parfaite" comme on pourrait trouver sur Google. (D'ailleurs, si vous en trouvez une, ne me la communiquez pas, je veux garder le mystère!) Il faut juste être soi-même. Comme quand on raconte une blague nulle à table et que tout le monde, par politesse ou par amour, fait semblant de rire.
On peut commencer par un simple "Cher Papa". Ou, si on est du genre à le taquiner, un "Salut le vieux !" (Même s'il n'était pas si vieux que ça, on avait tous ce petit surnom affectueux, non ?). L'important, c'est de se sentir à l’aise.

Qu'est-ce qu'on raconte ?
Tout et n’importe quoi ! Les petites choses du quotidien qui nous rappellent lui : le café qu’il préparait toujours trop fort, sa collection de chaussettes à motifs improbables, sa façon de ronfler pendant les films. Ces détails insignifiants qui, en réalité, sont tout.
On peut raconter les réussites qu’il aurait été fier de voir : "J'ai enfin réussi à réparer cette étagère que tu avais toujours promis de faire !" ou "J'ai eu mon diplôme ! Tu aurais crié 'Bravo !' plus fort que tout le monde, je le sais." C'est comme lui envoyer une carte postale de notre vie.
Et on peut aussi avouer les ratés. Parce que la vie, c’est pas toujours la fête. "J'ai encore mis le réveil trop tard et j'ai raté mon train… Tu m’aurais dit que je suis incorrigible, mais avec un sourire." L'honnêteté, c'est le meilleur des hommages.

N’ayez pas peur des larmes. Elles sont là, elles veulent sortir. C’est comme un robinet qu’on a oublié de fermer. Mieux vaut laisser l'eau couler que de laisser la canalisation exploser.
Parlez de ce qui vous manque le plus. Son rire, ses conseils, sa présence rassurante. C’est comme décrire une recette de cuisine sans ingrédient principal. On sait que quelque chose manque cruellement.

Et surtout, terminez votre lettre avec amour. Un simple "Je t’aime" peut suffire. Ou un "Tu me manques énormément". Ou même un "A un de ces jours, Papa". L'important, c'est que ça vienne du cœur.
Cette lettre, elle n’est pas pour lui, elle est pour vous. C'est une façon de dire au revoir, de se souvenir, de se guérir. C’est un pansement sur une blessure qui ne se refermera jamais complètement, mais qui deviendra moins douloureuse avec le temps.
Alors, prenez votre stylo (ou votre clavier) et écrivez. Même si ça vous semble ridicule, inutile ou trop difficile. Faites-le. Pour lui, mais surtout, pour vous.