
Alors, vous avez déjà entendu parler de Ne Me Laisse Jamais Partir, non ? Ou plutôt, Never Let Me Go, comme on dit dans le monde anglophone. C'est le genre d'histoire qui, après l'avoir vécue, vous fait regarder les moutons dans les champs avec... suspicion. Oui, oui, les moutons ! Attendez, vous allez comprendre.
L'histoire en bref (et sans trop de spoilers, promis!)
En gros, on suit Kathy, Ruth et Tommy. Ils grandissent dans un endroit appelé Hailsham, qui ressemble à une école privée super chic. Genre, cours de poterie obligatoires et interdiction de regarder la télé trop longtemps. Jusqu'ici, tout va bien, non ? On pourrait croire à une émission de télé-réalité pour gosses de riches. Mais... il y a un hic. Un GROS hic.
Ces enfants ne sont pas vraiment... ordinaires. Tenez-vous bien : ils sont en fait des clones. Des clones créés pour donner leurs organes, un par un, jusqu'à ce qu'ils "complètent" leur cycle. Charmant, n'est-ce pas ? On dirait une réunion Tupperware qui a mal tourné.
Imaginez la scène : "Bonjour, je m'appelle Clémence, et je suis ici pour donner un de mes reins. Et vous, Madame Michu ? Un foie, si je ne m'abuse ?" Terrifiant!
Pourquoi c'est si prenant (et un peu déprimant)
Ce qui est fort, c'est que l'auteur, Kazuo Ishiguro (celui qui a aussi écrit Les Vestiges du Jour, un autre roman où les gens sont super stoïques face à des situations dramatiques), ne nous bombarde pas de détails horrifiques. Non, non. Il nous montre juste leur quotidien. Leur amitié, leurs amours, leurs rêves (bref, ce qu'il y a de plus humain). Et c'est là que ça fait VRAIMENT mal.

On voit ces jeunes essayer de donner un sens à leur existence, sachant pertinemment qu'elle est limitée. Ils cherchent des "reports" (des sursis), une sorte de légende urbaine qui raconte que si un couple de "donneurs" prouve son véritable amour, il peut obtenir un délai. C'est un peu comme croire au Père Noël, mais avec des enjeux beaucoup plus... vitaux.
Le livre pose des questions pas faciles du tout : Qu'est-ce qui nous définit en tant qu'humains ? L'âme ? La capacité à aimer ? La possibilité de regarder Netflix en pyjama le dimanche après-midi ? (Cette dernière est cruciale, soyons honnêtes).

Et les moutons dans tout ça ?
Alors, les moutons ! Sans vous révéler de secrets, il y a une scène où... disons que Kathy fait une petite promenade et qu'elle observe des moutons. Et soudain, elle se demande si ces moutons ne la regardent pas de la même manière que les humains la regardent, elle et ses amis. Une sorte de "Oh, regarde, un donneur. Bientôt, il sera sur la table d'opération". C'est glaçant. On ne regardera plus jamais un troupeau de moutons avec le même optimisme.
Donc, si vous cherchez une lecture qui vous fasse à la fois réfléchir, frissonner et verser une petite larme (ou deux, ou un torrent, on ne juge pas), Ne Me Laisse Jamais Partir est fait pour vous. Mais attention : préparez-vous à remettre en question votre propre existence et à avoir envie de serrer très fort vos amis dans vos bras. Et peut-être, juste peut-être, à éviter les champs remplis de moutons.