New Public Management Def

Alors, on va parler de quelque chose qui, à première vue, a l'air aussi passionnant que de regarder de la peinture sécher : la Nouvelle Gestion Publique, ou NGP pour les intimes. Mais attendez ! Avant de zapper, croyez-moi, c'est plus pertinent qu'il n'y paraît. En fait, c'est même partout autour de nous, un peu comme les pubs envahissantes pour des assurances à la télé.

Imaginez, vous êtes à la mairie pour renouveler votre carte d'identité. Avant, c'était le parcours du combattant, non ? Vous preniez un ticket, attendiez trois plombes, et tombiez sur un employé qui avait l'air aussi motivé qu'un paresseux un lundi matin. Et bien, la NGP, c'est un peu la tentative de rendre ce processus plus... "business-friendly". On veut de l'efficacité, de la performance, et surtout, des clients satisfaits (enfin, des citoyens satisfaits, c'est plus joli).

Mais c'est quoi, concrètement, cette NGP ?

En gros, la NGP, c'est l'idée d'appliquer les méthodes du secteur privé au secteur public. On part du principe que si ça marche pour vendre des yaourts, ça peut marcher pour gérer les services publics. Un peu naïf, non ? C'est comme si on disait qu'un chef étoilé pouvait aussi bien réparer votre voiture, parce que "les deux, c'est technique, non ?".

L'idée centrale, c'est de mettre l'accent sur la responsabilité (accountability, comme disent les experts), la décentralisation (donner plus d'autonomie aux services), et la mesure de la performance (avec des indicateurs à n'en plus finir). On veut savoir si ça marche, si on en a pour son argent, et surtout, si les citoyens sont contents. En théorie, c'est formidable.

Les piliers de la NGP :

  • Orientation client/citoyen : On met le citoyen au centre. Fini le temps où l'administration était une forteresse impénétrable. On veut que les services soient accessibles, simples et efficaces. En théorie, bien sûr.
  • Décentralisation et autonomie : On donne plus de pouvoir aux services locaux, pour qu'ils puissent s'adapter aux besoins spécifiques de leur population. C'est comme si on laissait chaque cuisinier adapter la recette de base en fonction des goûts de ses clients.
  • Responsabilisation et performance : On fixe des objectifs clairs, on mesure les résultats, et on tient les responsables responsables de leurs performances. C'est un peu comme à l'école, avec les notes et les bulletins. Sauf que là, c'est pour les adultes.
  • Concurrence et quasi-marchés : On introduit de la concurrence entre les services publics, ou on crée des "quasi-marchés" où les citoyens peuvent choisir entre différents prestataires. C'est un peu comme si vous pouviez choisir entre plusieurs écoles publiques, en fonction de leurs résultats et de leur réputation.

Ça a l'air super, hein ? Mais comme toujours, il y a un mais... Gros comme un éléphant, même.

New Public Administration: Meaning, 4 Landmarks, And Principles
New Public Administration: Meaning, 4 Landmarks, And Principles

Les dérives de la NGP : Quand l'efficacité vire à l'absurde

Parce que oui, il y a des dérives. Et pas des petites. Imaginez un peu... On se concentre tellement sur les indicateurs de performance qu'on en oublie l'essentiel : le service rendu. C'est comme un boulanger qui passe son temps à peser ses croissants au milligramme près, au lieu de s'assurer qu'ils soient bons.

On se retrouve avec des objectifs chiffrés absurdes, des procédures bureaucratiques encore plus complexes, et des employés qui passent leur temps à remplir des formulaires au lieu d'aider les citoyens. C'est un peu comme si on demandait à un pompier de passer un quart d'heure à remplir un rapport avant d'éteindre un incendie.

Et puis, il y a le risque de privilégier les services les plus rentables, au détriment de ceux qui sont les plus nécessaires. C'est comme un hôpital qui se concentrerait sur les opérations esthétiques au lieu de soigner les maladies graves, parce que c'est plus lucratif.

New Public Management Interrelationships: Results-Based Accountability
New Public Management Interrelationships: Results-Based Accountability

La déshumanisation est aussi un risque majeur. On traite les citoyens comme des "clients", on les parque dans des centres d'appel impersonnels, et on automatise tout, au détriment du contact humain. C'est un peu comme si on remplaçait tous les médecins par des robots qui vous auscultent en scannant votre carte vitale.

Quelques exemples concrets (et un peu déprimants) :

  • Les hôpitaux : On leur fixe des objectifs de rentabilité, ce qui les pousse à réduire les coûts, à fermer des lits, et à embaucher du personnel moins qualifié. Résultat : des files d'attente interminables, des erreurs médicales, et un personnel épuisé.
  • Les écoles : On les évalue en fonction des résultats des élèves aux tests standardisés, ce qui les pousse à se concentrer sur les matières les plus testées, au détriment des autres. Résultat : des élèves formatés, un enseignement appauvri, et des profs démotivés.
  • Les services sociaux : On leur fixe des objectifs de réduction du nombre de bénéficiaires des aides sociales, ce qui les pousse à refuser des demandes légitimes. Résultat : des personnes dans la précarité, des inégalités accrues, et une société plus injuste.

Alors, la NGP, c'est le mal ?

Non, pas forcément. L'idée de rendre les services publics plus efficaces et plus orientés vers les citoyens est louable. Le problème, c'est l'application. Comme pour beaucoup de bonnes idées, la NGP a été déformée, instrumentalisée, et parfois même caricaturée.

New Public Management (NPM) • Definition | Gabler Wirtschaftslexikon
New Public Management (NPM) • Definition | Gabler Wirtschaftslexikon

Il faut trouver un juste milieu entre l'efficacité et l'humanité, entre la performance et la qualité, entre la gestion et le service. Il faut se rappeler que les services publics ne sont pas des entreprises comme les autres. Ils ont une mission particulière : celle de servir l'intérêt général, de protéger les plus faibles, et de garantir l'égalité des chances.

Alors, la prochaine fois que vous vous retrouverez face à un formulaire administratif incompréhensible, ou que vous devrez patienter des heures au téléphone pour obtenir une information, pensez à la NGP. Et dites-vous que, quelque part, quelqu'un a pensé que c'était une bonne idée. Mais qu'il s'est peut-être un peu emballé.

Peut-être qu'un jour, on trouvera un modèle de gestion publique qui soit à la fois efficace et humain. En attendant, on peut toujours en rire (jaune, parfois). Après tout, l'humour, c'est une arme de résistance, non ?