
Alors, on va parler de quelque chose qu'on a tous, TOUS, vécu, à un moment ou à un autre de notre glorieuse scolarité. Vous voyez, le truc que vous passiez des heures à fignoler, plus que votre exposé oral sur les castors (oui, même celui-là !). Je parle bien sûr de la... page de garde!
Et aujourd'hui, on va se concentrer sur une version bien précise: la page de garde en anglais, celle qu'on décorait, avec un sujet particulier : "La Fée des Ecoles". Autrement dit, The School Fairy, si on veut faire les choses biens.
C'était un peu le Graal de l'expression artistique permise par l'Education Nationale, vous ne trouvez pas? On nous disait "Soyez créatifs!", tout en nous imposant un thème, un format et souvent, un stress intense. C'est un peu comme demander à un chat de faire un numéro de cirque, en lui disant que si il ne réussit pas, il n'aura pas sa ration de thon.
Souvenez-vous. On partait avec les meilleures intentions du monde. On voulait faire une fée qui ressemblait à Clochette, qui distribuerait des bonbons de sagesse et effacerait nos erreurs de calcul d'un coup de baguette magique.
Sauf que... généralement, le résultat final ressemblait plus à un Gremlin qui aurait accidentellement avalé une boîte entière de marqueurs fluo. Avouez !

La Fée des Ecoles: entre ambition et réalité
L'idée, c'était de la représenter, cette fameuse Fée des Écoles. Elle était censée être bienveillante, aidante, et... euh... bilingue, probablement. Mais la réalité, c'est que nos compétences en dessin, souvent, n'étaient pas à la hauteur de nos ambitions. On se retrouvait avec des ailes qui ressemblaient à des crêpes ratées, un sourire qui faisait plus peur qu'autre chose, et un vocabulaire anglais approximatif. "Welcome to School!" avec un "l" manquant, ça vous dit quelque chose ? Oops!
Et les polices d'écriture! Ah, les polices d'écriture. On passait des heures à choisir la police parfaite, celle qui ferait "pro" et "anglais", un peu comme si on était déjà des designers graphiques en herbe. On oscillait entre le Comic Sans MS (le péché mignon de tout écolier) et des trucs illisibles en gothique, pour faire "dark and mysterious".

Sans oublier les décorations! Les paillettes qui se retrouvaient PARTOUT, sur la table, sur les vêtements, dans les cheveux... Et la colle en bâton qui collait... tout, sauf le papier. Un vrai cauchemar, mais un cauchemar qu'on abordait avec une détermination digne des plus grands artistes. Parce que, au fond, on savait que cette page de garde, c'était notre chance de briller. Même si on brillait surtout grâce aux paillettes.
On avait tous notre technique secrète. Certains utilisaient des pochoirs (souvent des pochoirs de dinosaures détournés en formes abstraites), d'autres copiaient des images trouvées dans des magazines, et les plus audacieux, les vrais artistes, se lançaient dans des créations entièrement originales. Quitte à ce que la Fée des Écoles ressemble plus à un Alien qui a fait un stage dans une école primaire.
Au final, cette page de garde, c'était bien plus qu'un simple exercice. C'était un rite de passage, une occasion de laisser notre empreinte, même maladroite, sur un cahier d'anglais. C'était une manière de dire: "Hey prof! Je suis là, j'ai fait de mon mieux, et j'espère que ma fée, même si elle a un peu louché, va vous porter bonheur !". Et franchement, rien que pour ça, ça valait la peine de sacrifier quelques tubes de colle et une bonne dose de patience.