
Ah, la page de garde du cahier d'exercices de CP! On dirait un peu le Saint Graal des parents en septembre, non? C'est cette page blanche, immaculée, qui sépare nos petits monstres (pardon, nos chérubins!) du monde impitoyable des additions, des soustractions et des dictées bourrées de "gn" et de "ph".
C'est comme le préambule d'un grand roman, ou l'avant-goût d'un gâteau au chocolat qu'on n'a pas encore le droit de manger. C'est la promesse de l'apprentissage, de la découverte, et surtout... de la tranquillité relative pendant quelques heures! (Avouez, vous y avez pensé!).
Le défi créatif... ou presque
Bien sûr, la page de garde est censée être un espace d'expression libre. On encourage nos enfants à laisser libre cours à leur imagination débordante. En théorie. Dans la pratique, c'est souvent le théâtre de compromis délicats entre ce que l'enfant veut faire (un dessin ultra-réaliste de son Pokémon préféré) et ce que maman/papa juge approprié (une belle pomme rouge bien sage, histoire de rester dans le thème scolaire).
On se retrouve souvent à dire des phrases du genre: "Oui, chéri, ton Pikachu est super, mais... peut-être qu'on pourrait rajouter des fleurs? Ou un petit soleil souriant?". C'est un peu comme essayer de convaincre un chat de faire du yoga. Mission impossible!
Et puis, il y a l'éternelle question des feutres. Ceux qui bavent, ceux qui tachent, ceux qui disparaissent mystérieusement après cinq secondes... C'est un véritable champ de bataille! Sans parler des paillettes... Oh, les paillettes! Elles se reproduisent plus vite que les lapins, et on en retrouve partout, même dans la boîte à pizza. Mystère...

L'art délicat de l'écriture
Ensuite, vient le moment crucial: écrire le nom. Et là, c'est le drame, surtout si votre enfant s'appelle Balthazar-Hyacinthe-Aristide. On se lance dans une négociation intense: "Balthazar, c'est un peu long, peut-être juste Baltha? Non? Bon, Balthazar-Hya alors?".
Et la police d'écriture! On veut quelque chose de lisible, de joli, qui respire la concentration et le sérieux. Sauf que votre enfant, lui, a décidé que les lettres devaient ressembler à des montagnes russes. On respire un grand coup, on garde son calme (enfin, on essaie) et on corrige discrètement quelques petites imperfections. C'est de l'art, après tout!

Souvent, le résultat final ressemble à une version cubiste du nom de l'enfant, entourée de gribouillis plus ou moins artistiques. Mais c'est parfait. C'est leur page de garde, leur petit monde à eux. Et puis, soyons honnêtes, personne ne regarde vraiment la page de garde une fois le mois de septembre passé.
Plus qu'une simple page
Finalement, la page de garde du cahier d'exercices de CP, c'est plus qu'une simple feuille de papier. C'est un souvenir, un moment de complicité, une petite fenêtre ouverte sur l'imagination de nos enfants. C'est aussi, et surtout, une bonne excuse pour boire un café (ou deux) en se disant qu'on a fait de notre mieux. Et c'est déjà beaucoup!
Alors, la prochaine fois que vous vous retrouverez face à cette page de garde, respirez profondément, sortez les feutres (et les lingettes!), et laissez la magie opérer. Même si ça finit avec des paillettes plein les cheveux et un Pikachu un peu trop réaliste.