Première élection Au Suffrage Universel Direct

Alors, mes amis, asseyez-vous, commandez un café (un double, même, si vous avez survécu aux impôts récemment), et laissez-moi vous raconter une histoire. Une histoire de suffrage universel direct. Ouais, ça sonne pompeux, je sais. Mais croyez-moi, c'est plus croustillant qu'un croissant au beurre.

On va parler de 1962, l'année où, enfin, le peuple français a pu élire son Président directement, comme dans "Moi, je vote pour lui, et pas par 36 intermédiaires qui boivent du champagne en se demandant ce que je pense". Avant ça, c'était le bordel organisé. Imaginez une partie de téléphone arabe politique, mais avec des enjeux considérablement plus élevés. Le résultat, vous pouvez l'imaginer, était... disons... aléatoire.

Imaginez-vous, jusqu'en 1962, c’était un collège électoral composé de notables qui choisissait le Président. Des sénateurs, des députés, des conseillers généraux, des maires… tout un tas de gens respectables (enfin, censés l'être) qui se réunissaient dans une salle enfumée pour, entre deux petits fours, décider qui allait diriger le pays. Un peu comme choisir son prochain colocataire, mais avec la France à la clé!

Avant 1962: Le Far West Électoral

Avant, c’était le Far West électoral. On avait l'impression qu'il fallait un doctorat en complots byzantins pour comprendre comment ça marchait. Du coup, le citoyen lambda se grattait la tête et se demandait si son vote servait vraiment à quelque chose. Et soyons honnêtes, souvent, la réponse était "bof".

Pour vous donner une idée, voilà quelques moments cocasses (ou pas, selon votre sensibilité) du système électoral d'avant :

  • Des alliances improbables qui se faisaient et se défaisaient plus vite qu'une tourte aux pommes lors d'un pique-nique de famille.
  • Des tractations dignes des meilleures séries politiques, où les coups bas étaient monnaie courante. Genre, on répandait des rumeurs sur le candidat adverse, du genre "il mange ses petits déjeuners avec une fourchette et un couteau!" Scandale!
  • Des négociations interminables qui duraient des jours, des nuits, des semaines… on aurait dit une version hardcore de l'émission "Affaire Conclue", mais avec des enjeux qui dépassaient largement le prix d'un vase en porcelaine.

Alors, évidemment, ce système avait ses défenseurs. Ils vous disaient que c'était plus "sage", plus "réfléchi". Que le peuple, voyez-vous, n'était pas assez mûr pour choisir lui-même son chef. (Sous-entendu : nous, les notables, on sait mieux que vous ce qui est bon pour vous, petits êtres naïfs!). On imagine les discussions feutrées dans les salons, les verres de cognac qui se vident, et les sourires entendus.

1848 : Premier président élu au suffrage universel direct
1848 : Premier président élu au suffrage universel direct

De Gaulle: Le Général qui voulait l'avis du Peuple

Et puis, un beau jour, un certain Général de Gaulle, avec son charisme de sphinx et son franc-parler légendaire, est arrivé. Et il s'est dit: "Attendez une minute, pourquoi on ne demanderait pas directement aux Français ce qu'ils en pensent?".

De Gaulle, c'était un peu le bulldozer de la politique. Quand il avait une idée en tête, rien ne pouvait l'arrêter. Et son idée, c'était de redonner le pouvoir au peuple. Bon, dit comme ça, ça sonne très "discours politique", mais l'intention était là. Et surtout, il avait les épaules pour imposer sa vision.

Il faut dire que le contexte était particulier. On sortait tout juste de la guerre d'Algérie, la France était en pleine mutation, et de Gaulle sentait que le pays avait besoin d'un leadership fort et légitime. Et pour lui, la légitimité venait du peuple, directement. Pas des arrangements entre notables dans des arrière-salles obscures.

Décision loi relative à l'élection du président au suffrage universel
Décision loi relative à l'élection du président au suffrage universel

Le Référendum de 1962: Le Coup de Poker

Alors, De Gaulle, il a fait ce qu'il savait faire de mieux: un référendum. Un bon gros référendum pour demander aux Français s'ils étaient d'accord pour élire le Président au suffrage universel direct. Un coup de poker audacieux, car il savait qu'il risquait de se mettre à dos une bonne partie de la classe politique.

Mais de Gaulle, il n'avait pas peur des réactions épidermiques. Il avait l'habitude de se faire critiquer. C'était même une sorte de sport national, à l'époque, de râler contre De Gaulle. Mais il avait une confiance inébranlable dans le peuple français. Et il pensait (à juste titre) que le peuple le suivrait.

Et c'est ce qui s'est passé. En octobre 1962, les Français ont voté "oui" à une écrasante majorité. Paf! Suffrage universel direct adopté. Adieu les magouilles entre notables. Bonjour la démocratie directe (enfin, presque!).

L'oeil des archives. PHOTOS. L'élection présidentielle au suffrage
L'oeil des archives. PHOTOS. L'élection présidentielle au suffrage

Bon, évidemment, ça n'a pas plu à tout le monde. Il y a eu des hurlements, des cris d'orfraie, des accusations de coup d'État. Mais De Gaulle avait le soutien du peuple, et c'est ça qui comptait.

Et Après? La Démocratie (Presque) Parfaite

Alors, qu'est-ce qui a changé après 1962? Eh bien, tout! D'un coup, le Président s'est retrouvé avec une légitimité béton. Il était élu directement par le peuple, il pouvait donc gouverner avec une autorité renforcée.

Résultat des courses :

Suffrage universel: un bureau de vote à Paris | Galerie Christian Le Serbon
Suffrage universel: un bureau de vote à Paris | Galerie Christian Le Serbon
  • Le citoyen lambda s'est senti plus impliqué dans la vie politique. Son vote comptait vraiment.
  • Les campagnes électorales sont devenues plus passionnantes (et souvent plus ridicules, avouons-le).
  • On a eu des débats télévisés mémorables, des clashs épiques, des moments de pure comédie.

Bien sûr, tout n'est pas rose pour autant. Le suffrage universel direct n'a pas résolu tous les problèmes du monde. On a toujours des politiciens qui nous racontent des salades, des promesses non tenues, des scandales à gogo. Mais au moins, on a le pouvoir de les virer à la prochaine élection. Et ça, c'est déjà pas mal.

Alors, la prochaine fois que vous irez voter, pensez à 1962. Pensez à tous ces gens qui se sont battus pour que vous ayez ce droit. Et rappelez-vous que votre vote, même s'il vous semble insignifiant, peut faire la différence. Même si vous votez pour le candidat le plus improbable, le plus excentrique, le plus… disons… surprenant. Après tout, c'est ça, la beauté de la démocratie : on a le droit de se tromper! (Et de râler après, bien sûr. C'est notre sport national, je vous le rappelle).

Et maintenant, si vous voulez bien m'excuser, je vais aller voter. Pour qui? Ça, c'est mon secret. Mais je vous promets, ce sera un vote éclairé. Enfin, j'espère…